Je n’ai pas consenti : témoignages de patient-es sur le défaut de consentement dans les actes médicaux

(je relaies le site « je n’ai pas consenti« , assez dur à lire, attention).

Ce tumblr a été créé par Anne-Charlotte Husson, blogueuse féministe et doctorante, signataire de la tribune “Le consentement, point aveugle de la formation des médecins”.

Pourquoi ce tumblr?
L’objectif est de prolonger et amplifier l’action lancée (voir la tribune et la pétition sur ce blog). Ce tumblr est l’un des moyens mis en place pour interpeller le public, les médecins et la ministre de la Santé sur la question du consentement dans la relation médecin – patient.e. Comme dans d’autres types de relations, nous estimons que le consentement doit y être explicite, informé et valorisé par les deux parties. Il est inquiétant de constater que cela n’est pas toujours le cas.

Si vous avez un témoignage lié au défaut de consentement dans les actes médicaux, vous pouvez cliquer sur “Soumettre un témoignage” dans la colonne de gauche ou envoyer un mail à l’adresse tvsousag@gmail.com.

Nous avons bien conscience que témoigner sur ce type de sujet est souvent difficile. Les témoignages sont, par défaut, publiés de façon anonyme. Cependant, une fois en ligne, nous n’avons évidemment aucun contrôle sur la manière dont ils sont utilisés et cités.

Il vous est toujours possible, bien entendu, de retirer votre témoignage; il suffit pour cela de nous contacter via le blog ou par mail.

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Slogans (4) Mon corps est à moi

À lire sur lexcellent site Ça fait genre qui traite du féminisme et du genre. A.-C.Husson a entrepris de décortiquer des slogans féministes. Très intéressant tant pour la sémantique que pour l’histoire du mouvement et pour alimenter la réflexion.

Genre !

Contexte

Je reste dans les années 1970, mais ce slogan a été largement repris depuis. Il reste d’actualité et le restera tant que la société ne reconnaîtra pas aux femmes le droit de disposer de leur propre corps. J’oriente l’article vers le droit à la contraception et à l’IVG mais je donne d’autres interprétations et pistes de réflexion à la fin.

mon corps est à moi

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Slogans (2) Un homme sur deux est une femme

Pour alimenter certaines discussions en cours (et pour la culture).

Genre !

[Précision préalable: j’ai conscience que ce slogan peut paraître transphobe, dans la mesure où il invisibilise complètement la question trans. Ça m’intéresserait d’en discuter en commentaire. Il faut juste se rappeler qu’il s’inscrit dans un contexte où le militantisme trans, à ma connaissance, existait à peine en France, et où les féministes ne réfléchissaient absolument pas à ces questions. Mon interprétation se fait donc complètement en-dehors de la question trans, mais il serait intéressant d’y réfléchir avec les outils dont on dispose aujourd’hui.]

Contexte

C’est à nouveau un slogan caractéristique de la deuxième vague féministe. On le voit notamment en 1970 sur des banderoles lors de la première manifestation remarquée du Mouvement de Libération des Femmes (MLF), avec un autre slogan célèbre, « Il y a plus inconnu que le soldat inconnu: sa femme ».

un homme sur deux

Explication

Ce slogan, à la fois provocateur et évident, vise à mettre en évidence l’androcentrisme (le fait…

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Stérilisation définitive – part 2 : le 2d rdv et l’opération (faut s’accrocher)

Préambule (rappel)

Ceci c’est un témoignage. J’étale ma vie intime, OK, mais dans un but informatif et dans l’idée de participer à faire évoluer les mentalités. Je répondrais volontiers et dans la mesure de mon expérience aux demandes à caractère informatif, je ne répondrais à aucune question d’ordre personnel. Je me réserve le droit de virer tous les commentaires qui ne me plairont pas.

Si vous intervenez sur ce témoignage sur ce site ou ailleurs, pour dénigrer, insulter, afficher condescendance, paternalisme ou je ne sais quel autre genre d’avis puant, je vous crache à la gueule.

Les méthodes de stérilisation féminine, quelle qu’elles soient sont DÉFINITIVES (très exactement, sauf dans certains cas avec chirugie réparatrice trèèèèès lourde et sans résultat assuré). 
Toutes les méthodes de stérilisation conservent le cycle hormonal naturel et donc, baaaah, on a toujours ses règles.

Rendez-vous d’intronisation

Quelques mois après ce premier rendez-vous et en même temps que je fais les tests allergo, je me rends compte que je vais devoir passer par la case IVG (ce qui ne serait jamais arrivé si j’avais eu accès aux infos et à la stérilisation depuis sa légalisation). Ça retarde d’autant ma stérilisation, mais comme j’ai décidé qu’il était hors de question que je retourne voir le précédent gynécologue, il faut de toute façon que je trouve une autre solution et c’est long. Plusieurs discussions avec Martin Winckler/ Marc Zaffran à qui je demande conseille (et que je profite encore une fois de remercier pour sa disponibilité et sa gentillesse), m’orientent vers plusieurs solutions dont la consultation hors département a été longtemps la plus probable (donc, contraintes, coûts, disponibilité, etc… etc…). Finalement, le retour d’une gynécologue (non chirurgienne donc qui ne pratique pas les stérilisations) réputée à l’écoute m’engage à retourner au même endroit. 

J’ai enfin une écoute humaine et bienveillante et sans à-priori ni main-mise pour une consultation qui relève de la gynécologie, je crois que c’est la première fois que cela m’arrive (la précédente, pour l’IVG au sein de ce même service avait été une des plus traumatisante). Elle m’oriente vers un autre chirurgien avec lequel elle travaille et ne me cache pas que le chirurgien-gyneco que j’ai vu précédemment était hostile à la stérilisation, et n’a pas été étonnée de que ce que je lui ai raconté.

J’ai donc un nouveau rendez-vous avec ce second chirurgien-gyneco presque un an jour pour jour après ma première demande, pour fixer la date de la stérilisation, par ligature (puisque je suis allergique au nickel, ce qui élimine la méthode Essure). Bonus, cette gynécologue me conseille de revenir la voir si cela ne se passait pas comme je le souhaitais, ce qui ne devrait pas se produire d’après elle.

Notons, que réussir à voir un rendez-vous avec cette gynéco n’est pas évident de prime abord car le secrétariat se permet de refuser un rendez-vous et donner des infos qui manifestement dépasse sa compétence en argumentant que « madame pour se faire stériliser il faut avoir un certain âge et un certain nombre d’enfants, je ne vous donne pas rendez-vous » (ce qui est totalement faux). D’autre part, il faut savoir qu’on n’est pas obligé de prendre rendez-vous avec un généraliste ou un gyneco avant de voir le chirurgien-gyneco. Néanmoins, comme dans mon cas, et par le truchement des recommandations, ça s’est avéré indispensable et efficace. De plus cela permet d’avoir une chance de discuter sainement et sereinement avec un soignant (enfin sur ce point c’est quitte ou double, voire triple). Mais dans ce monde de machos paternalistes qui prennent les décisions relatives au corps des femmes à leur place, ça a été un soulagement pour moi de tomber sur une telle practicienne : je suis sortie de là rassurée et assurée, ce qui est un plus pour la suite.

Rendez-vous avant opération

À peine 2 semaines après, j’ai donc rendez-vous avez le chirurgien qui doit m’opérer. Pour le coup et contrairement au précédent,  et parce que je pense que mon dossier commence à peser assez lourd, avant même que je rentre dans son cabinet, il était d’accord. Entendons-nous bien, je trouve cela très bien qu’il ne cherche pas à s’opposer à ma décision, mais le pendant à cette précipitation a été que je n’ai toujours pas reçu plus de renseignement ni d’explication, sur avant-pendant-après l’opération. J’estime que c’est une faute professionnelle et que c’est un acte condescendant.

Il a bien récité sa leçon en m’informant que c’était mon droit le plus strict, que personne ne pouvait décider à ma place ni lui le refuser, blablabla, mais a quand même trouvé le moyen de me parler de « vot’mari » sans que d’ailleurs je lui dise que j’avais un mec fixe (ni que je me rende compte que j’allais me faire avoir, pourtant je m’y étais préparée !). L’argument pour m’imposer de demander à « vot’mari » qu’il choississe à ma place de se faire stériliser, a été que je ne pouvais avoir qu’une ligature (ce qui, soit dit en passant, aurait été la méthode que j’aurais choisie de toute façon si on avait le libre choix de la méthode dès le départ), qui nécessite donc une anesthésie générale qui pose toujours un problème dans cet hopital. Par contre, « vot’mari », chère madame, ne cours aucun risque à se faire stériliser, puisque la vasectomie se fait sans anesthésie, et le résultat est le même pour votre couple.

Que ce soit une décision personnelle qui concerne mon corps et mon choix de vie, indépendamment du mec avec qui je couche, ne rentre donc toujours pas en ligne de compte. Je ne suis toujours pas maître de mon corps. Mon supposé régulier quant à lui est plus maître de mon corps que je ne le suis. Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées, quoi.

L’opération consiste en une ligature par coelioscopie,  et elle est prévu en ambulatoire. Même pas peur, mais tout le personnel soignant autour sera très très étonné. Je comprendrais plus tard pourquoi.

L’opération

Quelques semaines après mon rendez-vous avec le chirurgien, je reçois un appel de son secrétariat, qui m’impose la date de l’opération. Et comme j’argumentais que je subissais déjà une opération 2 jours avant, la secrétaire m’a répondu que ce n’était pas son problème et que c’était ça ou rien. Dont acte. Un acte d’autoritarisme de plus.

À aucun moment que ce soit l’entretien précédent ou les entretiens pré-op (anésthésiste, service ambulatoire, …) ou lors de la décision unilatérale de date d’opé,  on ne m’a demandé la date de mes dernières règles… mais, le matin même de l’intervention, on m’a donné des renseignements cruciaux que j’aurai dû on avoir bien avant, lors de la première visite avec le chirurgien, notamment donc, qu’il ne fallait pas que j’ai mes règles (oubli ou moyen de ne pas pratiquer l’opération au dernier moment ?).

Admission à 7:00 du matin, plutôt cordiale (étonnamment, après mon expérience assez traumatisante d’IVG dans ce même service). Assez rapidement je descends au bloc pour l’anesthésie générale, tout se passe plutôt bien et assez rapidement. Je n’attends pas très longtemps dans la salle d’attente, mais assez tout de même pour me rendre compte qu’une femme, connue des soignants et semblant en faire parti, attend une IVG sous anesthésie générale ce qui 9 mois plus tôt ne se faisait pas du tout dans cet hopital : évoution ou passe-droit ? Je n’en saurais rien mais ça me fout bien en rage.

Je me réveille et suis remontée dans ma chambre. C’est alors que le me suis rendue compte que l’étonnement des soignants à l’égard de mon admission en ambulatoire était justifié, avec une tension bloquée à huit pendant près de 24 heures et l’impossibilité d’être debout. Mais encore plus de lendemain quand il a fallu que je marche sur 150 m pour retourner à la voiture (je peux dire maintenant : les 150 m les plus long de ma vie). Dès lors et pendant 10 jours, j’ai appris par expérience tout ce dont le chirurgien avait omis de m’avertir : les gaz résiduels de la coelioscopie pendant une semaine et la façon de les gérer, l’impossibilité pendant au moins cinq jours de rester debout ou même assise plus de 2 heures consécutives, la douleur occasionnée par ces mêmes gaz, la douleur liée aux incisions. Bref une intervention qui nécessiterait au minimum une semaine d’arrêt de travail, ce qui s’anticipe, et qui ne m’a même pas été proposé.

Niveaux

Les infirmières intervenant dans le service pendant le temps (moins de 24 heures) que j’y ai passé marquaient pour la plupart un étonnement à la présence de gaz dans mon abdomen est à sa douloureuse conséquence (comme si elles ne savaient pas ce qu’était une coelioscopie, ou plutôt ne savaient rien de ses conséquences post opératoire, ou parce que ce n’était pas normal ? Je ne sais pas). Cependant, les infirmières bien que manifestement complètement débordées, ont été disponibles et à l’écoute.

Post-opération

(après la période de convalescence, qu’il ne faut pas prendre à la légère, contrairement à l’absence de conseils que j’ai eu ; et à savoir quand même)

(Toujours à cause de l’allergie au nickel, j’ai subi la ligature par ablation des trompes).

La cicatrisation intervenant en profondeur, elle est assez longue (c’est con, mais je n’en avais pas idée, et quand on ne le sait pas et qu’on a des raisons de ne pas être rassurée, c’est flippant). J’ai eu très mal à une des deux anciennes trompes pendant au moins 2 mois, assez pour être très gênée dans mes mouvements et pour dormir.

Il semblerait qu’en temps normal on n’ait pas les désagréments liés à la présence de gaz (qui doit être enlevé à la fin de l’opération…) plus de 2-3 jours.

Je n’ai pas eu de visite de contrôle (inhabituel) ni d’arrêt de travail (heureusement, je gère ce dernier comme je l’entends), ni même de prévention quant à mon inaptitude à faire quoi que ce soit pendant quelques jours.

Je reconnais tout à fait les difficultés du personnel soignant à faire un travail de qualité notamment pour la gestion du stress et de la douleur car il est manifestement sous-effectif, cependant, vu la façon dont on reçoit dans cet hôpital et dans ce service en particulier, je n’ai pas osé téléphoner pour me plaindre et demander à être rassurée. La distance à parcourir jusqu’à l’hôpital a été également un frein.

Conclusion

Plusieurs mois après, il me reste un malaise et une rage inextinguible concernant la prise en charge, l’information, la façon dont on est reçu et surtout le paternalisme et la condescendance pregnants (quant il ne s’agit pas de mépris ou de faute professionnelle).

J’ai toujours des tiraillements au niveau des trompes et du bas ventre au moment où je vais avoir mes règles. En recoupant les infos il semble que ce soit normal pendant 1 ou 2 ans.

Je suis ressortie de tout ces « expériences » avec des problèmes gynécologiques que je n’ai jamais eus avant (genre mycoses et compagnie, à ce sujet d’ailleurs, excellent article d’a contrario), et ça me pose question.

Je suis malgré tout absolument satisfaite d’être enfin stérilisée, jusqu’à la fin de temps. YEAH ! Ça veut dire que je peux moi aussi baiser à couilles rebattues et que je me trouve enfin à l’égal de mes congénères masculins dans ce domaine. L’absence totale et illimitée de risque de grossesse libère vraiment quelque chose de cet ordre là. A contrario, le risque de grossesse serait donc une limite intellectuelle et de liberté sexuelle (oui bon, ok ça s’est pas une nouvelle) ou non-sexuelle, même sous contraceptif. C’est une notion à creuser et j’y réfléchis pas mal.