Le parcours de la stérilisation volontaire définitive

À lire sur le blog d’Arzeline : « Je ne veux pas d’enfants« .

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Stérilisation définitive – part 2 : le 2d rdv et l’opération (faut s’accrocher)

Préambule (rappel)

Ceci c’est un témoignage. J’étale ma vie intime, OK, mais dans un but informatif et dans l’idée de participer à faire évoluer les mentalités. Je répondrais volontiers et dans la mesure de mon expérience aux demandes à caractère informatif, je ne répondrais à aucune question d’ordre personnel. Je me réserve le droit de virer tous les commentaires qui ne me plairont pas.

Si vous intervenez sur ce témoignage sur ce site ou ailleurs, pour dénigrer, insulter, afficher condescendance, paternalisme ou je ne sais quel autre genre d’avis puant, je vous crache à la gueule.

Les méthodes de stérilisation féminine, quelle qu’elles soient sont DÉFINITIVES (très exactement, sauf dans certains cas avec chirugie réparatrice trèèèèès lourde et sans résultat assuré). 
Toutes les méthodes de stérilisation conservent le cycle hormonal naturel et donc, baaaah, on a toujours ses règles.

Rendez-vous d’intronisation

Quelques mois après ce premier rendez-vous et en même temps que je fais les tests allergo, je me rends compte que je vais devoir passer par la case IVG (ce qui ne serait jamais arrivé si j’avais eu accès aux infos et à la stérilisation depuis sa légalisation). Ça retarde d’autant ma stérilisation, mais comme j’ai décidé qu’il était hors de question que je retourne voir le précédent gynécologue, il faut de toute façon que je trouve une autre solution et c’est long. Plusieurs discussions avec Martin Winckler/ Marc Zaffran à qui je demande conseille (et que je profite encore une fois de remercier pour sa disponibilité et sa gentillesse), m’orientent vers plusieurs solutions dont la consultation hors département a été longtemps la plus probable (donc, contraintes, coûts, disponibilité, etc… etc…). Finalement, le retour d’une gynécologue (non chirurgienne donc qui ne pratique pas les stérilisations) réputée à l’écoute m’engage à retourner au même endroit. 

J’ai enfin une écoute humaine et bienveillante et sans à-priori ni main-mise pour une consultation qui relève de la gynécologie, je crois que c’est la première fois que cela m’arrive (la précédente, pour l’IVG au sein de ce même service avait été une des plus traumatisante). Elle m’oriente vers un autre chirurgien avec lequel elle travaille et ne me cache pas que le chirurgien-gyneco que j’ai vu précédemment était hostile à la stérilisation, et n’a pas été étonnée de que ce que je lui ai raconté.

J’ai donc un nouveau rendez-vous avec ce second chirurgien-gyneco presque un an jour pour jour après ma première demande, pour fixer la date de la stérilisation, par ligature (puisque je suis allergique au nickel, ce qui élimine la méthode Essure). Bonus, cette gynécologue me conseille de revenir la voir si cela ne se passait pas comme je le souhaitais, ce qui ne devrait pas se produire d’après elle.

Notons, que réussir à voir un rendez-vous avec cette gynéco n’est pas évident de prime abord car le secrétariat se permet de refuser un rendez-vous et donner des infos qui manifestement dépasse sa compétence en argumentant que « madame pour se faire stériliser il faut avoir un certain âge et un certain nombre d’enfants, je ne vous donne pas rendez-vous » (ce qui est totalement faux). D’autre part, il faut savoir qu’on n’est pas obligé de prendre rendez-vous avec un généraliste ou un gyneco avant de voir le chirurgien-gyneco. Néanmoins, comme dans mon cas, et par le truchement des recommandations, ça s’est avéré indispensable et efficace. De plus cela permet d’avoir une chance de discuter sainement et sereinement avec un soignant (enfin sur ce point c’est quitte ou double, voire triple). Mais dans ce monde de machos paternalistes qui prennent les décisions relatives au corps des femmes à leur place, ça a été un soulagement pour moi de tomber sur une telle practicienne : je suis sortie de là rassurée et assurée, ce qui est un plus pour la suite.

Rendez-vous avant opération

À peine 2 semaines après, j’ai donc rendez-vous avez le chirurgien qui doit m’opérer. Pour le coup et contrairement au précédent,  et parce que je pense que mon dossier commence à peser assez lourd, avant même que je rentre dans son cabinet, il était d’accord. Entendons-nous bien, je trouve cela très bien qu’il ne cherche pas à s’opposer à ma décision, mais le pendant à cette précipitation a été que je n’ai toujours pas reçu plus de renseignement ni d’explication, sur avant-pendant-après l’opération. J’estime que c’est une faute professionnelle et que c’est un acte condescendant.

Il a bien récité sa leçon en m’informant que c’était mon droit le plus strict, que personne ne pouvait décider à ma place ni lui le refuser, blablabla, mais a quand même trouvé le moyen de me parler de « vot’mari » sans que d’ailleurs je lui dise que j’avais un mec fixe (ni que je me rende compte que j’allais me faire avoir, pourtant je m’y étais préparée !). L’argument pour m’imposer de demander à « vot’mari » qu’il choississe à ma place de se faire stériliser, a été que je ne pouvais avoir qu’une ligature (ce qui, soit dit en passant, aurait été la méthode que j’aurais choisie de toute façon si on avait le libre choix de la méthode dès le départ), qui nécessite donc une anesthésie générale qui pose toujours un problème dans cet hopital. Par contre, « vot’mari », chère madame, ne cours aucun risque à se faire stériliser, puisque la vasectomie se fait sans anesthésie, et le résultat est le même pour votre couple.

Que ce soit une décision personnelle qui concerne mon corps et mon choix de vie, indépendamment du mec avec qui je couche, ne rentre donc toujours pas en ligne de compte. Je ne suis toujours pas maître de mon corps. Mon supposé régulier quant à lui est plus maître de mon corps que je ne le suis. Chacun à sa place et les vaches seront bien gardées, quoi.

L’opération consiste en une ligature par coelioscopie,  et elle est prévu en ambulatoire. Même pas peur, mais tout le personnel soignant autour sera très très étonné. Je comprendrais plus tard pourquoi.

L’opération

Quelques semaines après mon rendez-vous avec le chirurgien, je reçois un appel de son secrétariat, qui m’impose la date de l’opération. Et comme j’argumentais que je subissais déjà une opération 2 jours avant, la secrétaire m’a répondu que ce n’était pas son problème et que c’était ça ou rien. Dont acte. Un acte d’autoritarisme de plus.

À aucun moment que ce soit l’entretien précédent ou les entretiens pré-op (anésthésiste, service ambulatoire, …) ou lors de la décision unilatérale de date d’opé,  on ne m’a demandé la date de mes dernières règles… mais, le matin même de l’intervention, on m’a donné des renseignements cruciaux que j’aurai dû on avoir bien avant, lors de la première visite avec le chirurgien, notamment donc, qu’il ne fallait pas que j’ai mes règles (oubli ou moyen de ne pas pratiquer l’opération au dernier moment ?).

Admission à 7:00 du matin, plutôt cordiale (étonnamment, après mon expérience assez traumatisante d’IVG dans ce même service). Assez rapidement je descends au bloc pour l’anesthésie générale, tout se passe plutôt bien et assez rapidement. Je n’attends pas très longtemps dans la salle d’attente, mais assez tout de même pour me rendre compte qu’une femme, connue des soignants et semblant en faire parti, attend une IVG sous anesthésie générale ce qui 9 mois plus tôt ne se faisait pas du tout dans cet hopital : évoution ou passe-droit ? Je n’en saurais rien mais ça me fout bien en rage.

Je me réveille et suis remontée dans ma chambre. C’est alors que le me suis rendue compte que l’étonnement des soignants à l’égard de mon admission en ambulatoire était justifié, avec une tension bloquée à huit pendant près de 24 heures et l’impossibilité d’être debout. Mais encore plus de lendemain quand il a fallu que je marche sur 150 m pour retourner à la voiture (je peux dire maintenant : les 150 m les plus long de ma vie). Dès lors et pendant 10 jours, j’ai appris par expérience tout ce dont le chirurgien avait omis de m’avertir : les gaz résiduels de la coelioscopie pendant une semaine et la façon de les gérer, l’impossibilité pendant au moins cinq jours de rester debout ou même assise plus de 2 heures consécutives, la douleur occasionnée par ces mêmes gaz, la douleur liée aux incisions. Bref une intervention qui nécessiterait au minimum une semaine d’arrêt de travail, ce qui s’anticipe, et qui ne m’a même pas été proposé.

Niveaux

Les infirmières intervenant dans le service pendant le temps (moins de 24 heures) que j’y ai passé marquaient pour la plupart un étonnement à la présence de gaz dans mon abdomen est à sa douloureuse conséquence (comme si elles ne savaient pas ce qu’était une coelioscopie, ou plutôt ne savaient rien de ses conséquences post opératoire, ou parce que ce n’était pas normal ? Je ne sais pas). Cependant, les infirmières bien que manifestement complètement débordées, ont été disponibles et à l’écoute.

Post-opération

(après la période de convalescence, qu’il ne faut pas prendre à la légère, contrairement à l’absence de conseils que j’ai eu ; et à savoir quand même)

(Toujours à cause de l’allergie au nickel, j’ai subi la ligature par ablation des trompes).

La cicatrisation intervenant en profondeur, elle est assez longue (c’est con, mais je n’en avais pas idée, et quand on ne le sait pas et qu’on a des raisons de ne pas être rassurée, c’est flippant). J’ai eu très mal à une des deux anciennes trompes pendant au moins 2 mois, assez pour être très gênée dans mes mouvements et pour dormir.

Il semblerait qu’en temps normal on n’ait pas les désagréments liés à la présence de gaz (qui doit être enlevé à la fin de l’opération…) plus de 2-3 jours.

Je n’ai pas eu de visite de contrôle (inhabituel) ni d’arrêt de travail (heureusement, je gère ce dernier comme je l’entends), ni même de prévention quant à mon inaptitude à faire quoi que ce soit pendant quelques jours.

Je reconnais tout à fait les difficultés du personnel soignant à faire un travail de qualité notamment pour la gestion du stress et de la douleur car il est manifestement sous-effectif, cependant, vu la façon dont on reçoit dans cet hôpital et dans ce service en particulier, je n’ai pas osé téléphoner pour me plaindre et demander à être rassurée. La distance à parcourir jusqu’à l’hôpital a été également un frein.

Conclusion

Plusieurs mois après, il me reste un malaise et une rage inextinguible concernant la prise en charge, l’information, la façon dont on est reçu et surtout le paternalisme et la condescendance pregnants (quant il ne s’agit pas de mépris ou de faute professionnelle).

J’ai toujours des tiraillements au niveau des trompes et du bas ventre au moment où je vais avoir mes règles. En recoupant les infos il semble que ce soit normal pendant 1 ou 2 ans.

Je suis ressortie de tout ces « expériences » avec des problèmes gynécologiques que je n’ai jamais eus avant (genre mycoses et compagnie, à ce sujet d’ailleurs, excellent article d’a contrario), et ça me pose question.

Je suis malgré tout absolument satisfaite d’être enfin stérilisée, jusqu’à la fin de temps. YEAH ! Ça veut dire que je peux moi aussi baiser à couilles rebattues et que je me trouve enfin à l’égal de mes congénères masculins dans ce domaine. L’absence totale et illimitée de risque de grossesse libère vraiment quelque chose de cet ordre là. A contrario, le risque de grossesse serait donc une limite intellectuelle et de liberté sexuelle (oui bon, ok ça s’est pas une nouvelle) ou non-sexuelle, même sous contraceptif. C’est une notion à creuser et j’y réfléchis pas mal.

Stérilisation définitive – part 1 : le 1er rendez-vous (tu la sens monter la rage ?)

Préambule

Ceci c’est un témoignage. J’étale ma vie intime, OK, mais dans un but informatif et dans l’idée de participer à faire évoluer les mentalités. Je répondrais volontiers et dans la mesure de mon expérience aux demandes à caractère informatif, je ne répondrais à aucune question d’ordre personnel. Je me réserve le droit de virer tous les commentaires qui ne me plairont pas.

Si vous intervenez sur ce témoignage sur ce site ou ailleurs, pour dénigrer, insulter, afficher condescendance, paternalisme ou je ne sais quel autre genre d’avis puant, je vous crache à la gueule.

Les méthodes de stérilisation féminine, quelle qu’elles soient sont DÉFINITIVES (très exactement, sauf dans certains cas avec chirugie réparatrice trèèèèès lourde et sans résultat assuré). 
Toutes les méthodes de stérilisation conservent le cycle hormonal naturel et donc, baaaah, on a toujours ses règles.

Bien rentrons dans le vif du sujet.


(2012-2013 / Sarthe)

Soudain, j’apprends, en 2012, que la stérilisation définitive comme méthode contraceptive est légale DEPUIS 2001 (Merci M. et merci doc Winckler). Alors que je galère comme beaucoup avec ma contraception. J’aurais su, croyez bien que ça aurait été fait depuis 2001. Enfin, dans la mesure où j’eusse trouvé un gynecologue compétent (i.e. : qui ne fasse pas passer ses idéaux avant son professionnalisme, qu’il maîtrise la technique et soit capable de m’informer).

La stérilisation est donc légale depuis 2001, pour toutes les personnes majeures, après un délai de réflexion de 4 mois et en théorie sans aucune autre condition (texte de loi).

À ce moment précis, j’étais plutôt contente d’habiter dans la Sarthe, car sachant que le progressiste Martin Winckler avait officié pendant un moment dans le service de gynécologie/obstétrique par lequel il faut passer pour voir les gyneco habilités à cette opération,  j’imaginais que le personnel soignant serait à cette image. Las.

Après passage chez le médecin généraliste (youpi, une étape de plus pour entendre les poncifs habituels quand on veut maîtriser sa sexualité dans quelque aspect que ce soit) pour obtenir un rendez-vous avec un chirurgien gyneco, j’ai eu un rendez-vous avec le soit-disant seul gynecologue qui « fasse ça » dans le coin (en fait non, mais je l’ai su que bien plus tard). Ce gyneco est donc un homme, chef de tout le service et plutôt jeune (je pensais que c’était une bonne chose).

Passées les formules de politesse, ma première phrase a donc été de dire que je venais pour demander une contraception définive.

Dès lors, c’est tout de suite parti en couille (rappelez-vous, le seul gyneco « qui fasse ça »…).

Il a immédiatement émis une réserve sur ma demande et formulé très clairement qu’il était contre cette solution et que cela lui déplaisait. J’ai alors rétorqué, très poliment, et sans me braquer, que si il ne voulait pas accéder à ma demande, je restais compréhensive, mais qu’alors, ce n’était pas la peine de poursuivre la conversation, que nous avions tous les deux autres choses à faire que perdre du temps (surtout moi, en fait).

Il m’a alors dit que même en désaccord avec moi et avec la méthode de contraception que je choisissais, il la pratiquerait quand même (note : obligation de la loi).

Plus de la moitié de l’entretien a alors été pour essayer de me convaincre de la pose d’un stérilet, et ce faisant, de me contraindre à changer d’avis (monologue du maîîîître de 10 bonnes minutes, donc…). 

J’ai refusé le stérilet, et confirmé mon choix de stérilisation. Il a alors admis que j’étais sûre de moi (cette validation, c’est genre, une étape pour pouvoir déclencher le délai de réflexion de 4 mois).

Il a très rapidement évoqué un seul  moyen de stérilisation (essure), quand il en existe plusieurs (plusieurs sortes de ligature et donc, essure, détails dans les docs en fin d’article) sans beaucoup d’explications en me disant : « de toutes façons, vous êtes au courant grâce à internet ». J’ai été choquée et démunie à la fois, car d’une part, je m’attendais à un cours magistral sur les méthodes, les avantages/inconvénients et à avoir le choix (c’est quand même de mon corps qu’il s’agit) ; d’autre part, comme je ne m’attendais pas à cette réaction, je me suis retrouvée sans question à poser (même si j’avais lu pas mal de trucs à ce sujet la veille, j’avais besoin de discuter !).

Il a donc décrété unilatéralement que la méthode qui serait utilisée serait essure, m’a expliqué qu’il procédait sans anesthésie locale que ça pouvait être très douloureux lors de la pose (mais j’avais l’impression qu’il estimait que c’était normal : « ça peut faire excessivement mal, mais ça ne dure que 5 minutes »), en faisant un test quelques semaines avant (si j’ai bien compris faire semblant de poser des implants) : j’ai trouvé cette façon très intrusive et très gênante. Peut-être est-ce ce qui est fait habituellement, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a d’autres façons de procéder plus douces et plus respectueuses. D’ailleurs, je ne sais même pas si c’est vrai ou si c’était une ultime tentative pour me faire changer d’avis.

Je n’étais pas du tout convaincue par cette méthode, ayant déjà une petite préférence pour la ligature (pour la bonne raison qu’elle nécessitait une anésthésie et que ça m’allait très très bien), et encore moins après ces détails !

J’ai émis l’avis qu’il existait d’autres méthodes : il s’est alors très agacé, et a proprement entrepris un travail de sape de la ligature, surtout par rapport à l’anesthésie générale (ils ont un vrai problème dans cet hôpital avec l’anesthésie) : insistant lourdement sur le fait qu’on pouvait en mourir (risque quand on est en bonne santé : quelques dizaines par million d’anesthésies) ; sur un ton destiné à me destabiliser, et à me faire changer d’avis. Très délicat, n’est ce pas ? Pas d’autre explication sur la méthode ou quoi que ce soit.

Durant toutes ses « explications » sur la stérilisation, il a continué à essayer de me convaincre de l’intérêt du stérilet. De guerre lasse, et c’est vrai, ne voulant pas m’avouer vaincue, j’ai dit que j’avais des suspicions d’allergie aux métaux (ce qui était vrai) ; qu’essure n’était peut-être pas très recommandée. Il a émis des doutes sur la possibilité d’une telle allergie (j’ai depuis appris que la prévalence de l’allergie au nickel était de 10 à 12% des femmes ! c’est quand même suffisant pour au minimum évoquer la question d’une telle possibilité pendant un entretien mentionnant essure !) ; mais à force d’insister, il a bien voulu me faire faire des tests d’allergie.

Je suis sortie de son cabinet sur ce dernier point. C’est le dermatologue devait me contacter pour prendre un rendez-vous. Ce qui n’a été fait que 2 mois plus tard, sur un courrier que le gyneco avait fait 1 mois après ma visite (encore une méthode pour me faire changer d’avis ?).

Chez le dermato, celui-ci m’a demandé ce que je voulais comme test d’allergie. J’ai trouvé ça curieux, mais je n’ai pas insisté ce premier jour, et j’ai juste dit qu’il fallait faire les tests d’allergie aux métaux. Je me suis rendue cette fois pour RIEN à l’hopital (1 heure de trajet AR et 2 heures de boulot en moins), car le protocole des tests « metaux » nécessitent 3 jours de la même semaine avec des intervalles précis, et comme on était un jeudi, baaaaaah… Bien joué. J’ajoute que la date de rendez-vous m’a été imposée par des gens sensément compétents.

La semaine suivante, le jour de la pose des patchs, le dermato m’a dit « bon alors, on ne fait que le cuivre ? ». Passons le fait qu’on me demande mon avis, alors que je n’y connais rien. Entre temps j’avais oublié que « essure » était un implant à base de nickel, mais j’ai quand même eu la présence d’esprit de dire : »non, je ne crois pas » et fort heureusement car ainsi il m’a fait les tests sur tous les métaux.

Et effectivement, depuis le début, j’avais bien eu raison d’insister car il se trouve que je suis très nettement allergique au nickel et « l’allergie au nickel est une contre-indication à la pose des implants Essure » ;  mais pas au cuivre (ce qui aurait certainement arrangé le gyneco, rapport au stérilet). Cette allergie au nickel m’a fait un peu réfléchir, je me suis franchement demandée ce qu’avait prescrit le gyneco. Du coup, j’ai demandé au dermato à voir le courrier du gyneco (un droit, tout comme celui d’avoir accès à son dossier médical complet dans quelque structure que ce soit), dans lequel, pensais-je, il y avait une demande de test aux métaux de l’alliage des implants ! Rien de tout ça ! Il s’est en fait contenté de transmettre au dermato uniquement le courrier adressé au généraliste relatant l’entretien que j’avais eu avec lui, sans demande explicite de test allergique et le seul nom de métal qui apparaisse dans courrier est « stérilet en cuivre ».

Dans le courrier que j’ai reçu par la suite du dermato, j’ai compris que ce dernier pensait me faire un test avant la pose d’un stérilet (ce qui prouve d’ailleurs qu’il a mal lu le courrier) ; bien que nous n’ayions absolument pas abordé le sujet durant les divers entretiens que nous avons eu (4 pour tout le protocole). 

Conclusion

  • je conteste la méthode d’entretien du gyneco,
  • je conteste l’absence de renseignements précis et détaillés,
  • je conteste la façon de présenter ces deux méthodes de stérilisation,
  • je trouve scandaleux d’avoir à réclamer un test d’allergie au nickel avant la pose d’implants essure et qu’il faille insister pour pouvoir le faire (même si le but était juste de me rassurer, j’estime que cela valait la peine et sûrement pas d’essayer de m’en dissuader)
  • j’estime que le dermato et moi-même avons été induit en erreur concernant les tests allergiques à effectuer par l’absence d’une demande explicite
  • Sortie de cette série d’entretiens : hors de question que ce gyneco qui m’a prouvé son incompétence me pratique quelque intervention que ce soit. Je n’ai absolument plus aucune confiance en lui.

à suivre…

Nota Bene 

En ce qui me concerne, à une exception près, dans mon entourage, personne ne m’a jamais gonflée avec les histoires (la contrainte ?) d’avoir des enfants et je n’ai pas vraiment subi cette exhortation sociale insoutenable. Au pire, on croit que je suis stérile et qu’il ne faut pas aborder le sujet (je sais pas d’où ça sort, m’enfin cet énergumène n’en est pas à un délire près concernant sa progéniture) ; et la seule et unique fois où on a essayé de me forcer à admettre que j’allais bien finir par sentir cette envie irresistible de procréer, ça a signer le glas de l’estime  que je portais à cette personne.

Je ne sais pas pourquoi on me fout la paix à ce sujet MAIS, c’est pas du tout comme ça que ça se passe pour la majorité des femmes. Les discours débilitants, paternalistes et stupides que m’a sortis le gyneco sont rabâchés à la plupart des femmes qui souhaitent prendre en main leur contraception (qu’elle soit définitive ou non) ou qui cherche à faire participer leur(s) partenaire(s) à la contraception. C’est usant, intolérable et inadmisssible. PERSONNE n’a à décider à la place de quelqu’un d’autre de la gestion de sa vie intime et PERSONNE N’A MÊME D’AVIS À DONNER.

LIENS (liste non exhaustive)

  • maintenant que vous en savez un peu plus vous pouvez signer en connaissance de cause cette pétition pour demander de meilleures infos au sujet de la stérilisation et une meilleure prise en charge et reconnaissance des volontés des femmes.
  • comment choisir sa contraception (stérilisation comprise), valable aussi pour les hommes…
  • articles de Martin Winckler/ Marc Zaffran sur la stérilisation : ici et
  • childfree (en français) blog recensant différentes expériences
  • la publication officielle sur la stérilisation (celle que le gyneco est sensé vous remettre) femme ou homme