lundi, c’est frottis

En 23 ans d’examens gynécologiques, c’est la première fois LA PREMIERE FOIS, que le praticien (en l’occurence, cette fois une femme) ne me fait pas mal.

Elle a même commencé son examen en me demandant si j’étais toujours d’accord et que si je le sentais pas, on ne le faisait pas. Un truc normal quoi. Qui m’arrive pour la première fois en 23 ans.

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Ça faisait longtemps

Ce connard m’a grillé la priorité grassement. Je le klaxonne. Il s’arrête. Il sort de sa caisse.
(nos pares-chocs étaient à 20 cm l’un de l’autre, et on est juste après son cédez-le-passage, c’est important pour la suite).
J’ouvre ma vitre, histoire de lui dire ma façon de penser (poliment hein, j’ai des lettres).

lui : qu’est ce qui te prends ? (tutoiement !).


moi : vous n’avez pas respecté le cédez-le-passage


lui : tu racontes des conneries tu étais à plus de 20m (et donc miraculeusement en 2/2 je suis à 20 cm de son pare-choc, ‘videment)…


moi : n’importe quoi.


lui : qu’est ce que tu veux petite conne ?


moi : ah bah en plus vous m’insultez maintenant bravo


lui : autre insulte j’ai oublié


moi : pauvre connard
lui : tu veux que je te foute une baffe


moi : allez-y mais je ferais pareil


insulte insulte insulte (je me suis pas privée non plus hein…)

Il 
repars vers sa caisse
, se casse. 
Fait des freinages intempestifs, pour que je lui rentre dedans (ça n’arrive pas, je sais conduire, moi).

Je lui ai fait plein plein plein de FUCK.


J’ai regretté de ne pas avoir de barre à mine dans la voiture quand même pour faire comme dans le boulevard de la mort.

Je n’ai pas consenti : témoignages de patient-es sur le défaut de consentement dans les actes médicaux

(je relaies le site « je n’ai pas consenti« , assez dur à lire, attention).

Ce tumblr a été créé par Anne-Charlotte Husson, blogueuse féministe et doctorante, signataire de la tribune “Le consentement, point aveugle de la formation des médecins”.

Pourquoi ce tumblr?
L’objectif est de prolonger et amplifier l’action lancée (voir la tribune et la pétition sur ce blog). Ce tumblr est l’un des moyens mis en place pour interpeller le public, les médecins et la ministre de la Santé sur la question du consentement dans la relation médecin – patient.e. Comme dans d’autres types de relations, nous estimons que le consentement doit y être explicite, informé et valorisé par les deux parties. Il est inquiétant de constater que cela n’est pas toujours le cas.

Si vous avez un témoignage lié au défaut de consentement dans les actes médicaux, vous pouvez cliquer sur “Soumettre un témoignage” dans la colonne de gauche ou envoyer un mail à l’adresse tvsousag@gmail.com.

Nous avons bien conscience que témoigner sur ce type de sujet est souvent difficile. Les témoignages sont, par défaut, publiés de façon anonyme. Cependant, une fois en ligne, nous n’avons évidemment aucun contrôle sur la manière dont ils sont utilisés et cités.

Il vous est toujours possible, bien entendu, de retirer votre témoignage; il suffit pour cela de nous contacter via le blog ou par mail.

Sexe, mensonge et harcèlement.

Émission du 4 septembre 2012 sur France 2.
« Etre confronté au phénomène de harcèlement, est un évènement plus marquant qu’on ne le croit communément, et quand il se déroule dans l’environnement professionnel les conséquences subies par les victimes sont considérables. Retour sur le quotidien des juristes de l’Association Européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail, AVFT… »

J’ai relevé quelques passages, soit parce qu’ils sont parfaitement édifiant, soit parce qu’ils rappellent quelques vérités :

« Le fait que ce soit absurde empêche de réagir »

« Le cerveau disjoncte au moment du stress »

« Qui ne dit mot consent »

« L’homme propose, la femme dispose » (c’est d’ailleurs tellement vrai que nous vivons depuis des millions d’années dans un monde matriacal).

« Minimiser les faits permet aux magistrats de faire des économies de procédure »

Résumé (et liens) sur la loi sur le harcèlement, tiré du reportage

En 2010, du Sénateur F. Pillet : « Je pense, et je suis pas le seul, toute la commission des lois l’a pensé, toute tendance confondues, qu’on a actuellement le meilleur arsenal juridique pour répondre aux objectifs qui étaient les nôtres. J’ai derrière moi tous les magistrats qui vous disent tous de manière unanime : « le texte qui existe, il est correct, ça suffit, et si on veut réprimer là-dessus on peut ». Ca a été suivi par l’unanimité des sénateurs et des députés, je suis quand même pas mal entouré ?! ».

A cette époque les représentant était pour 80% des hommes, et 3.5% des plaintes pour harcèlement aboutissent à une condamnation. Et au moment de l’interview de ce sénateur,  le harcèlement était moins puni que le vol à l’étalage : emprisonnement d’un an maximum, et 15000€ d’amende max.

En mai 2012, une QPC a été soulevée au Conseil Constitutionnel par un M. Ducray,  homme politique accusé dans une affaire de harcèlement, entouré de deux avocats qui connaissaient plusieurs membres du Conseil (80-90% des membres assure l’un d’eux). On voit toute l’affaire sur la vidéo à partir de la minute 40 environ, et le copinage et la franche camaraderie sont nettement mis en avant. Alors qu’en 2010, les instances politiques trouvaient donc à l’unanimité la loi de l’époque tout à fait suffisante, et sans nécessité de réforme, tout à coup, et donc pour 1 personnalité politique avec suffisament d’amis, le Conseil la carrément abrogée, avec effet immédiat. Ce qui a eu pour conséquence immédiate l’annulation totale des procédures en cours, et l’impossibilité pour toutes les personnes qui avaient déposé plainte et entamé une procédure de redéposer plainte suite à cette abrogation, car la loi interdit de porter plainte deux fois pour le même motif. Ceci a concerné 2000 personnes…

Le gouvernement élu en 2012 a donc refait une loi et maintenant c’est un peu mieux (3 ans max en cas de circonstances aggravantes (…) et 45000€ d’amende max).

Rappels et documentation :

Sous l’effet de la douleur, de la peur, de l’incompréhension, parce qu’on
ne peut pas s’enfuir, le cerveau se bloque, il est comme paralysé, on
appelle ça la sidération, ça nous empêche souvent de réagir.
On est envahi alors par un état de stress extrême que le cerveau ne peut
plus contrôler. Ce stress est dangereux pour le coeur et les neurones,
et pour les protéger le cerveau « disjoncte » pour éteindre le stress,
comme dans un circuit électrique en survoltage.
Pour disjoncter, il fabrique des drogues naturelles qui anesthésient, on
se « dissocie », on se divise intérieurement, on est comme en morceaux,
ça permet d’avoir moins mal :
le corps est là, mais la pensée est ailleurs
on peut avoir l’impression d’être sorti son corps
on peut ne plus sentir son corps alors qu’on voit tout
on peut être paralysé
on peut croire que ce n’est pas réel
on peut rire bizarrement alors qu’on a mal et qu’on a peur.

On me crache à la gueule

(Écrit initialement en 2008 : force est de constater que depuis que je n’habite plus en ville, le sexisme a changé de manières)

Ce WE, avec mon amie C., entre autre, on a fait de la vannerie, là où habituellement je fais du filage. Un peu hors-sujet comme intro, mais ceci explique pourquoi j’étais à 7:00 devant la boulangerie un dimanche matin pour avoir du pain frais pour les sandwiches.

Obligée d’attendre devant parce qu’elle n’ouvre qu’à 7:15, je prend mon mal en patience, trop claquée de toute façon (hey, 7:00 DU MATIN !!!) pour penser ou réagir.
Un type passe, je vous fait le dialogue, c’est le style que je maîtrise le mieux :
« hey mademoiselle, vous auriez pas une cigarette ? »

« non, j’en ai pas. »

« hey c’est vrai t’as pas de cigarette ? » (je vous passe toutes les analyses qu’on pourrait faire à partir de là et déjà du passage au tutoiement)

« Ben non, j’ai pas de cigarette. » (comme à chaque fois que je me trouve dans ce cas de confrontation -oui ça m’en paraissait déjà une, merde quoi, j’étais épuisée et l’autre là il me parle- je garde un ton parfaitement monocorde du début à la fin de ma phrase. Je le regarde dans les yeux)

« T’es charmante » (????) puis il s’éloigne. Il se retourne 10m plus loin et me lance

« Hey, je vais déjeuner là, tu veux déjeuner avec moi ? »

« Non merci non »

S’ensuivent deux ou trois autres propositions que je n’ai pas comprises, sauf qu’elles n’étaient pas sexuelles et qu’une concernait de la drogue. Je refuse sur le même ton. Puis il revient vers moi :

« Hey, j’peux t’serrer la main ? »

« Euh, ben non »

« Hey, pourquoi, on peut se serrer la main non ? »

« Non j’ai pas envie »

« Quoi t’as pas envie, hey mais tu sais que t’es pas un top hein ? »

« Oui et  alors ? Ca me gène pas hein »  (Bon à partir de là j’ai commencé à prendre un ton moqueur, lui un peu plus agressif)

« Quoi ? Tu t’en fous que t’es pas un top ? »

« Huhu. Ben oui. »

« Hey mais quoi on peut s’serrer la main »

« Bon, je t’ai dit non là ça va bien, alors tu me laisse tranquille et tu t’en vas »

« Hey quoi ? Quoi  ? Hey mais j’suis une caillera »

« Hum… Oui, et alors ? »

« Et alors t’as pas peur ? T’as pas peur de moi ? »

« Euh, non. Pourquoi ? »

Sur un ton qui donne à penser qu’il pourrait le faire : « T’as pas peur ? T’as pas peur qu’on t’attrape par les cheveux et qu’on te traîne par terre ? » (j’avais oublié hier ce détail, dommage, je pense que ça aurait plu aux flics cette partie)

« Alors tu veux pas m’serrer la main ? T’as pas peur ? Mais j’peux t’gifler moi, j’peux t’gifler »

« C’est ça. Tu ferais mieux de me laisser tranquille et t’en aller là. La boulangerie va ouvrir je vais aller acheter mon pain et on va en rester là »

« Hey mais t’es d’où toi, t’es d’où , Vous les gens du nord vous êtes bizarres là »

« Bon tu me laisses tranquille maintenant » (derrière moi la boulangère ouvre sa porte)

« Quoi j’te laisse tranquille mais j’peux t’gifler moi j’peux t’gifler »

Je me retourne pour entrer dans la boulangerie, il me bouscule pour entrer. je lui dit, de façon un peu véhémente certes, enfin il commençait à faire chier aussi :

« Oh tu m’laisses passer là, j’étais là avant toi à attendre »

Il se retourne hésite une seconde et me crache dans la figure, je reçois ça dans l’oeil.

La boulangère qui commençait déjà à faire geste pour le faire sortir prend un coup de sang et l’attrape par la veste pour le mettre dehors. Elle me fait passer derrière et appelle son mari de boulanger pour qu’il poursuivre le mec.

« Passe moi mon rouleau » qu’il répond en sortant. Moi ça me fait marrer de l’entendre dire ça. Enfin, j’en mène pas large quand même,  je tremble un peu des pieds à la tête depuis que je me suis fait « cracher à la gueule ». Je me rince, et puis j’appelle les flics. Puis F. pour qu’il vienne en attendant que les flics arrivent. La boulangère ne veut de toute façon pas me laisser sortir.
Pendant ce temps l’autre, VRAIMENT ABRUTI fait des allées et venues devant la boulangerie, quand le boulanger est pas dehors, et manifestement m’attend à la sortie.

J’achète quand même mon pain. F. arrive, on sort. On attend les flics. Toujours serviable, F. a peur que nos invités attendent le pain et soient affamés à la maison, et propose de rentrer leur amener le pain… Moment de solitude… Il m’a fait le coup à deux reprises quand même….

Les flics arrivent, entre temps on a repéré où se cachait le mec. (Pas fin le gars je vous dit). Il le chope. Il ne nie rien. Mais trouve son comportement normal. Je suis invitée à porter plainte et à aller voir un médecin. (avec ma chance tout court et ma chance dermatologique en général, il aura une infection dans la bouche….).